17 millions de Français en précarité mobilité : que retenir du 4ème baromètre Wimoov ?  

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Pouvoir se déplacer pour travailler, se soigner, étudier ou simplement maintenir une vie sociale n’est toujours pas une évidence pour tous. La 4e édition du Baromètre des Mobilités du Quotidien de Wimoov révèle que 17 millions de Français adultes sont aujourd’hui en situation de précarité de mobilité, soit deux millions de plus qu’en 2024. Coût des déplacements, dépendance à la voiture, renoncements ou manque d’information : cette nouvelle édition met en lumière des inégalités qui touchent particulièrement les populations les plus fragiles et certains territoires. Que faut-il en retenir ?

Observer les mobilités pour mieux comprendre les inégalités  

Mis en place par Wimoov en 2020, dans le prolongement de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), le Baromètre des Mobilités du Quotidien est un outil d’observation des pratiques, mais aussi des perceptions des Français en matière de mobilité. Son ambition : suivre leurs évolutions dans le temps et éclairer les décideurs publics, avec une attention particulière portée aux publics les plus fragiles. 

Pour cette quatrième édition, l’enquête a été réalisée par Ipsos BVA auprès de 13 400 personnes âgées de 18 ans et plus, résidant en France hexagonale et en Corse. Les répondants, représentatifs de la population adulte, ont été interrogés entre le 3 et le 20 février 2026, par téléphone et en ligne. Et le constat dressé cette année est sans appel : les difficultés à se déplacer restent profondément liées aux inégalités économiques, sociales et territoriales.

17 millions de Français concernés par la précarité de mobilité

C’est le chiffre majeur de cette nouvelle édition : 31% des Français adultes sont aujourd’hui en situation de précarité de mobilité, soit 17 millions de personnes. Ils étaient 15 millions en 2024. Dans le même temps, 10% déclarent toujours ne disposer d’aucune solution de mobilité, qu’il s’agisse d’un véhicule personnel, d’un abonnement ou d’une autre possibilité pour se déplacer.

Mais cette moyenne nationale masque de fortes disparités. La précarité de mobilité concerne 44% des habitants des zones rurales, 49% des familles monoparentales, 52% des demandeurs d’emploi et jusqu’à 76% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Le baromètre montre ainsi que la mobilité peut être à la fois une conséquence des difficultés économiques et un facteur supplémentaire de précarisation : lorsque se déplacer devient difficile, c’est aussi l’accès à l’emploi, aux services ou aux activités essentielles qui peut être compromis.

Se déplacer coûte cher… jusqu’à conduire au renoncement  

Autre enseignement important : les Français consacrent en moyenne 225 euros par mois à leur mobilité quotidienne. Pour les ménages les plus modestes, ces dépenses peuvent représenter jusqu’à 26% du budget.

Cette contrainte financière peut conduire à des arbitrages particulièrement difficiles. Pour continuer à payer leurs déplacements, 17% des Français déclarent avoir déjà réduit leurs dépenses de santé, 14% celles liées à leur logement et 12% leurs dépenses alimentaires.

Mais certains déplacements sont eux-mêmes sacrifiés. 40 % des Français ont renoncé au moins une fois, au cours des cinq dernières années, à un déplacement du quotidien en raison de difficultés liées aux transports.

  

Les rendez-vous médicaux représentent notamment 14% des renoncements recensés. Les conséquences peuvent également toucher directement l’insertion professionnelle : 26% des demandeurs d’emploi déclarent avoir déjà renoncé à un emploi en raison de difficultés de transport.

Les renoncements sont par ailleurs particulièrement fréquents chez les personnes vivant sous le seuil de pauvreté ou dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Derrière la question des déplacements se joue donc un enjeu plus large : celui de l’accès aux droits, aux soins, à l’emploi et, plus globalement, à la vie sociale.

La voiture reste au cœur des mobilités du quotidien 

La quatrième édition du baromètre attire également l’attention sur la situation des jeunes :

47% des 18-24 ans sont en situation de précarité de mobilité. Parmi eux, seuls 64% disposent du permis de conduire, contre 90% de l’ensemble des Français, notamment en raison de son coût.

Et 74% déclarent avoir déjà renoncé à au moins un déplacement important, contre 40% dans l’ensemble de la population.

Permis trop cher, voiture inaccessible ou offre de transports insuffisante : les obstacles rencontrés peuvent directement peser sur l’accès aux études, à l’emploi ou aux activités du quotidien.

Un constat qui souligne une nouvelle fois l’importance de disposer d’un bouquet de solutions de mobilité, mais aussi de rendre celles-ci accessibles et connues des publics auxquels elles s’adressent.

Mieux informer pour mieux accompagner les changements de pratiques 

Car disposer de solutions ne suffit pas toujours. Encore faut-il savoir qu’elles existent. Seuls 28 % des Français connaissent les aides à la mobilité propre, tandis que 47 % des personnes éligibles ignorent l’existence d’aides leur permettant d’utiliser les transports collectifs.

Le potentiel de l’information apparaît pourtant important : 38 % des Français déclarent qu’ils se déplaceraient davantage s’ils disposaient de plus d’informations sur les solutions existantes, une proportion qui atteint 60% chez les jeunes. De même, 40 % des automobilistes éligibles se disent prêts à basculer vers les transports collectifs grâce à des aides tarifaires, et jusqu’à 48 % parmi les ménages les moins aisés.

Le baromètre pointe enfin la difficulté d’articuler transition écologique et contraintes quotidiennes. Près d’un Français sur deux déclare avoir modifié ses pratiques de mobilité face aux aléas climatiques. Parmi eux, sept sur dix ont renoncé à certains déplacements et près d’un sur deux a changé de mode de transport, parfois au profit d’un véhicule thermique.

Ces résultats rappellent que la transition des mobilités ne peut se penser indépendamment des réalités sociales et territoriales.

Diversifier les solutions, mieux informer sur les dispositifs disponibles et accompagner les publics les plus fragiles constituent autant de leviers pour permettre à chacun de se déplacer.

Au-delà des modes utilisés, le 4e Baromètre des Mobilités du Quotidien pose finalement une question essentielle : celle de la capacité réelle de chacun à accéder aux emplois, aux soins, aux services et à la vie sociale.

Pour aller plus loin

→ Retrouvez l’ensemble des résultats et enseignements du 4e Baromètre des Mobilités du Quotidien sur Wimoov.