Heini DEMOUGEOT : de la passion du vélo aux politiques cyclables d’Aunis Atlantique

Entre littoral, marais et petites routes de campagne, le territoire d’Aunis Atlantique offre un terrain propice à la pratique du vélo. Mais derrière les itinéraires cyclables et les projets d’aménagement, il y a aussi celles et ceux qui travaillent au quotidien pour faire évoluer les usages. Chargée de mission vélo à la Communauté de communes Aunis Atlantique, Heini Demougeot accompagne le développement des mobilités cyclables sur le territoire. Une mission qui fait écho à une passion ancienne : celle d’une cycliste qui, depuis l’enfance, pédale avec la même conviction.

🚲 Une passion née très tôt

Vous souvenez-vous de votre premier vélo ?
HD : « Oui, très bien. C’était un VTT vert foncé et jaune que mes parents m’avaient offert. Je garde un souvenir très précis de ce vélo. »

Et votre premier souvenir à vélo ?
HD : « Je me revois accompagner mes parents lorsqu’ils faisaient le tour du camping dans lequel ils travaillaient. Nous roulions ensemble à vélo autour du site. C’est un souvenir assez simple, mais qui m’est resté. »

Le vélo occupait-il déjà une place importante dans votre enfance ?
HD : « Oui, très clairement. J’ai commencé le VTT en club à l’âge de six ans et j’ai fait de la compétition jusqu’à mes 18 ans. Mes parents me suivaient beaucoup dans cette pratique et venaient sur les compétitions. Ils étaient mes premiers supporters. »

🚲Rouler pour se déplacer… et pour s’évader

Aujourd’hui, quelle place le vélo occupe-t-il dans votre quotidien ?
HD : « Pour moi, le vélo est presque un mode de vie. À vélo, on peut tout faire : se déplacer, faire du sport, voyager… et surtout se vider la tête. Je fais parfois des trajets du quotidien à vélo, même si j’aimerais en faire davantage. J’avoue que je n’ose pas toujours laisser mon vélo dans l’espace public. Il m’arrive aussi, après le travail, d’aller faire un petit tour en bord de mer. C’est un moment de détente. »

Quel type de pratique vous attire le plus aujourd’hui ?
HD : « Je suis plutôt adepte du gravel. Les alentours de La Rochelle sont un terrain de jeu formidable : la Vélodyssée, l’île de Ré… Il y a énormément de possibilités. Je suis aussi très attirée par l’ultradistance. Ce qui me plaît, c’est le dépassement de soi et l’aventure. »

« Développer le vélo, c’est offrir une forme de liberté de mouvement »

Vous travaillez aujourd’hui sur les politiques cyclables d’un territoire. Pourquoi est-il important de développer le vélo au niveau local ?
HD : « Parce que cela permet d’offrir une véritable alternative à la voiture individuelle. C’est particulièrement important dans les territoires ruraux ou périurbains, qui sont parfois peu desservis par les transports en commun. Le vélo peut alors représenter une solution très concrète pour se déplacer. Finalement, développer le vélo, c’est offrir une forme de liberté de mouvement. »

🚲Un métier entre coordination et projets de terrain

Quelles qualités faut-il, selon vous, pour exercer le rôle de chargée de mission vélo ?
HD : « La première chose, c’est d’être passionné par le vélo. Être soi-même usager permet de mieux comprendre les besoins et de concevoir des équipements adaptés. La fl exibilité est aussi essentielle. Dans ce métier, on passe d’un sujet à l’autre et on échange avec des interlocuteurs très différents : élus, techniciens, bureaux d’études, habitants… »

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
HD : « Voir les projets se concrétiser. Que ce soit l’organisation d’un événement autour du vélo ou la mise en service d’une nouvelle infrastructure cyclable. Quand un projet aboutit sur le terrain, c’est toujours très satisfaisant. »

Et qu’est-ce qui est parfois le plus difficile ?
HD : « La patience. Entre le lancement d’un projet d’infrastructure cyclable et sa réalisation, plusieurs années peuvent parfois s’écouler. Ces délais sont parfois difficiles à expliquer aux habitants, car beaucoup d’étapes administratives restent invisibles : études, concertation, décisions politiques, marchés publics…
Apprendre, partager… et continuer à pédaler. »

« Bourse aux vélos » , un événement réalisé dans le cadre de Mai à vélo en 2024
Animation du grand Quiz vélo de l’été !

À quoi ressemble concrètement votre quotidien de chargée de mission vélo ?
HD : « Il n’y a pas vraiment de journée type, mais certaines activités reviennent régulièrement.
Je prépare et j’anime beaucoup de réunions avec les élus, les techniciens ou les partenaires du territoire. Cela demande un travail de préparation important. Je participe aussi à des réunions techniques sur les projets d’infrastructures cyclables, souvent sous forme de comités de projet par itinéraire.

Ces réunions rassemblent les élus concernés, les bureaux d’études et les différents services de la collectivité. Le terrain fait aussi partie du travail : vérifier des équipements existants, repérer de futurs aménagements, observer les usages.
Et bien sûr, il y a toute la partie administrative : suivi des financements, rédaction de notes ou de rapports, marchés publics, subventions »

Qu’est-ce qui vous a été le plus utile pour mener votre mission ?
HD : « Les échanges avec les autres chargés de mission vélo. Les webinaires, mais aussi les Rencontres Vélo organisées chaque année par Vélo & Territoires, m’ont beaucoup apporté. Ces moments permettent de partager des expériences et d’apprendre les uns des autres. »

Y a-t-il des ressources qui vous auraient été utiles ?
HD : « Oui, des formations plus techniques sur la conduite de projets d’infrastructures routières. Cela permettrait d’être encore plus à l’aise dans les échanges avec les entreprises de voirie et réseaux divers, et dans la rédaction de marchés publics sur ces sujets. »

🚲Le vélo, une ambition personnelle et collective

Aujourd’hui, que représente le vélo pour vous ?
HD : « C’est à la fois une ambition personnelle et une ambition de société. Personnellement, j’aimerais continuer à me lancer des défis à vélo, notamment en gravel ultradistance. Mais j’espère aussi que le vélo pourra devenir un mode de transport à part entière pour le plus grand nombre. Cela passe par des aménagements de qualité et des équipements adaptés, afin que la pratique devienne plus simple et plus sûre au quotidien. »

Ce nouveau portrait de chargé.e de mission vous a plu ? Consultez l’ensemble de notre série d’articles les agents en pistes sur notre site !

  • Rédaction : Frédéric DUPONT & agence Manitoba
  • Linkedin : Heini DEMOUGEOT