Kevin FADIN est un jeune élu municipal. Il n’a pas encore 25 ans quand il se retrouve propulsé sur la liste élue à la mairie de Montlebon, dans le Doubs. Si le vélo pour lui c’est 365 jours par an, comment un tel territoire au climat de montagne, avec une topologie accidentée peut faire une place pour le vélo ?
🚲 Le vélo dans sa vie
Que vous apporte la pratique du vélo au quotidien ?
KF : Avant d’avoir le permis, le vélo était un moyen de transport. Avec mes études et le permis, je suis parti dans une ville plus grande. La voiture était finalement plus encombrante qu’autre chose. Je me suis rendu compte que le vélo était tout aussi pertinent en ville.
De la mobilité vers le loisir ou le sport ?
KF : Oui. Le vélo a toujours été un moyen de déplacement. Pour aller et venir. Rejoindre mes copains. C’est en grandissant que le vélo est aussi devenu un moment de loisir ou de sport.
🌨 Le vélo toute l’année
Kevin Fadin, depuis qu’il est élu et en charge des mobilités, s’est imposé un challenge. Choisir le vélo tous les jours pour l’ensemble de ses déplacements. 365 jours par an. Peu importe la neige ou le dénivelé.
Pourquoi choisir le vélo comme solution de transport tous les jours, pour tous les trajets ?
KF : Parce que j’avais besoin de confronter mes convictions à la réalité quotidienne. Pour aussi être en mesure de constater si c’est effectivement possible de ne vivre qu’avec le vélo comme moyen de transport.
Et donc, c’est faisable ?
KF : Oui. C’est une question d’équipement, de volonté et d’organisation. Ce qui est intéressant, je me suis rendu compte que mon rayon d’action se réduit progressivement de l’automne à l’hiver. Puis s’agrandit à nouveau du printemps à l’été. Bien entendu, je peux le faire aujourd’hui parce que ma vie est organisée ainsi. Je ne suis pas entrain de dire « puisque j’y arrive alors tout le monde peut le faire ». Ceci dit, oui, à mon échelle, je suis content de constater que c’est faisable.
🗳 Pourquoi se faire élire pour agir ?
Quel moteur pour passer de citoyen à élu ?
KF : En matière de vélo, ou de mobilité douce, active, sur la commune et la communauté de communes il ne se passait rien. C’était le néant. Je n’avais pas l’impression que c’était par manque de conscience ou d’envie. Au sein de l’association vél’ Haut Doux nous avions une oreille attentive de l’équipe municipale en place. Mais à part l’oreille attentive il n’y avait rien de mis en place concrètement. Il fallait passer à l’action. D’où mon envie d’être élu pour agir.
Quand on passe de l’autre côté, qu’est-ce qu’on découvre ?
KF : Plein de choses ! D’abord, il y a vraiment des compétences disponibles. Ce n’est pas toujours facile de trouver le bon chemin pour aller les chercher mais elles sont là. Ensuite, il y a un temps incompressible pour comprendre l’organisation. Où les pouvoirs des uns commencent et où ils s’arrêtent. Enfin, au niveau d’une commune on peut faire des choses, mais si on veut vraiment transformer le quotidien des citoyens, c’est au niveau de la Communauté de Communes que ça se passe.
🔄 Naviguer dans le millefeuille administratif
Un travail d’équipe inscrit dans un plan global
Kevin n’agit pas seul. Il agit de concert avec notamment Monsieur Virgile Marguet -Vice-Président en charge des Mobilités à la Communauté de Communes du Val de Morteau-, et le Président Cédric BÔLE. Cette envie de porter une politique vélo ambitieuse s’inscrit notamment dans le Plan Climat Air-Energie (PCAET) local et le programme Territoire Engagé Transition Ecologique– dans lequel les investissements en faveur du vélo sont une des démonstrations de cette volonté.
Commune, Communauté de Communes, Parc Naturel Régional…
KF : C’est en mettant les ressources toutes ensemble que l’on réussit à agir. Par exemple, on a beau être en territoire rural, 60% de la population est à moins de 20 minutes de vélo de leur centre bourg. Le vélo devrait donc être une solution de mobilité. C’est en mixant la vision des communes, de la Communauté de Communes et du PNR que l’on arrive à avoir une vision globale.
Et donc vous investissez dans des infrastructures ?
KF : Oui. Mais on commence par la mise à disposition de vélos en location longue durée. C’est une excellente manière de débroussailler le sujet, une façon de créer une envie de vélo. D’autant que nous ne sommes pas sur un territoire nécessairement facile -températures et dénivelé- ; avec le VAE, on lisse au moins l’un des problèmes, le dénivelé ! (NDLR : La communauté de communes développe également des infrastructures cyclables, des abris et supports vélos)
🌟 Bientôt la fin du mandat, de quoi êtes vous fier ?
Globalement de tous les sujets portés sur le vélo ou la mobilité douce. Le programme Owdoo était un vrai projet ambitieux. Nous venons de le lancer. Il va falloir suivre de près son évolution et continuer. Beaucoup d’informations sur nos actions au niveau du Plan Doux Horloger sont disponibles en ligne.
🟣 Bonus
Encore une question à propos de fin de mandat, avez-vous aimé votre expérience d’élu ?
KF : A aucun moment je n’ai regretté mon engagement électoral. Ce n’est pas facile tous les jours, ça prend du temps. La contrepartie, c’est enrichissant sur le plan intellectuel. Aussi tellement satisfaisant d’avoir cette sensation d’être utile pour le bien commun.
© Crédits photos : Sources et Volcans sauf précision contraire.
Envie de continuer ?
KF : Oui. Je ne me pose pas la question de me représenter ou non. Oui je me représenterai. Par contre, j’aimerais tellement que d’autres s’investissent, comme moi, à leurs manières. Faire le choix de s’impliquer dans la vie de la commune, de la Communauté de Communes me semble être le choix le plus productif.