Hélène LUTZ, le vélo dans les Côtes d’Armor peu importe l’horaire de la marée

Binic-Etables-sur-Mer est située dans l’Aire d’Attraction de Saint-Brieuc. Environ 3 000 habitants y vivent à l’année. Cette commune est bordée par la Manche sur l’ensemble de sa frontière Est. Cela implique des contraintes avec la loi Littoral. Hélène Lutz est 4ème adjointe au Maire en charge de l’environnement, de l’urbanisme et des mobilités au sein de la Commission transition écologique. Comment dès lors est intégré le vélo dans la commune et son environnement ?

🚲 Le vélo dans sa vie

Vous souvenez-vous de votre premier vélo ?
HL : Le premier que je m’achète, oui. Ceux que j’ai offert à mes enfants, aussi. Par contre dans ma jeunesse, je n’ai pas eu de vélo à moi. Issue d’une famille nombreuse, les vélos passaient des uns aux autres au gré des centimètres pris par mes frères et soeurs. J’avais donc toujours le vélo d’un autre, devenu trop petit pour lui. On n’était pas tout à fait propriétaire du vélo chevauché. Il passait au suivant quand il devenait trop petit pour moi.

Des souvenirs d’enfance liés au vélo malgré tout ?HL : Plein ! Avec mes frères et sœurs, avec mes cousins, nous allions partout à vélo. Evidemment, nous cherchions les pentes pour les dévaler à toute vitesse et connaître le frisson de la vitesse. Nos freins n’étaient pas toujours très efficaces.

⚙️ Le vélo un mode de transport

Hélène nous explique qu’il lui arrive très rarement d’enfourcher un vélo juste pour se promener. Quand ça lui arrive, c’est parce qu’elle a de la visite et qu’elle souhaite faire découvrir son environnement, à la vitesse du vélo.

Donc le vélo est pour vous principalement un mode de transport. Le seul et unique ?
HL : non, pour les longs trajets j’utilise le train ou les transports en commun. Parfois, quand il pleut trop la voiture. Sinon, oui le vélo est mon automatisme. Les autres moyens de transports que j’utilise sont des solutions de replis. Être enceinte ne m’a jamais empêché de pédaler par exemple.

Votre vision au sein de la commune pour la promotion du vélo est donc celle-ci : Faire du vélo un mode de transport simple, facile et évident ?
HL : Exactement. Le vélo est le seul mode de transport individuel alternatif qui peut être mis en pratique à notre niveau communal et qui fait avancer la transition écologique.

↔️ La commune de Binic-Etables-Sur-Mer est un peu particulière, pourquoi ?

Binic et son plan de zones partagées.

Une commune, deux centres-villes ?
HL : En 2016 les deux villes furent réunies en une seule en terme administratif. Nous sommes donc passés de deux équipes municipales à une seule. Bien entendu, tous les services ont également été réunis. Pour les habitants au quotidien cela signifie malgré tout que les services peuvent avoir été sensiblement éloignés de leur domicile.

En quoi le vélo peut aider cette « réunification » ?
HL : Les distances restent modestes. Créer des pistes cyclables qui quadrillent la commune est une excellente façon d’encourager cette mobilité pour les petits déplacements du quotidien. Que ce soit un rendez-vous administratif ou faire ses courses.

🔄 Des infrastructures et l’abaissement de la vitesse, une combinaison gagnante ?

Les zones de la commune qui ne sont pas limitées à 30km/h, sont limitées à 20km/h.

Les pistes cyclables sont-elles indispensables ?
HL : Oui. Comme je le disais nous relions les deux centres par une voie cyclable neuve et en partie protégée. Nous créons aussi une carte pliante des circuits vélo faits sur la commune. Pour que nos administrés puissent s’approprier tout cela. Mais les pistes cyclables ont beau être indispensables, elles ne sont pas suffisantes.

Quels autres leviers actionnez-vous pour encourager la pratique du vélo ?
HL : Sur l’ensemble de la commune nous avons abaisser la vitesse maximale autorisée des véhicules : 30km/h. Dans les deux hypercentres, nous appliquons la vitesse maximum à 20km/h. 20km/h, ça peut semble très bas… Dans les faits, les rues dans l’hypercentre sont vraiment étroites et rouler au-delà n’est vraiment pas raisonnable.

🌟 Comment accompagner le changement ?

Des aménagements cyclables permettent de rendre la pratique du vélo possible. Comment accompagner les citoyens et citoyennes vers l’usage du vélo ? Peut-on résumer la politique vélo de la commune par le bâton (abaissement de la vitesse maximale autorisée) et la carotte (des pistes cyclables confortables) ?

Les zones de rencontres dans le centre-ville d’Etables-Sur-Mer.

Le bâton est-il efficace ?
HL : Abaisser la vitesse maximale autorisée sur la commune n’est pas une punition contre les automobilistes. C’est surtout une façon de rendre la cohabitation entre usagers plus confortable et plus sûre. C’est aussi envoyer le signal aux non cyclistes : « désormais vous pouvez pédaler dans la commune, essayez ! »

La carotte, les pistes cyclables, est-elle suffisante ?
HL : Non plus ! Nous avons des contraintes d’aménagement, d’espace disponible. Par exemple notre piste cyclable qui relie les deux centres n’est pas protégée à 100%. Alors il faut aussi mettre les citoyens en selle.

Comment vous y prenez-vous ?
HL : Nous avons développé un service de pratique du vélo par une remise en forme des personnes demandeuses. Aussi nous avons mis en place une aide financière pour l’achat d’un vélo.

🟣 Bonus

Votre action est intégrée au sein de la Commission transition écologique, le vélo fait donc parti d’une stratégie globale au sein de la commune ?

HL : Evidemment. Ce qui est intéressant avec le vélo comme outil de transition écologique, c’est qu’il peut s’adresser à toutes et tous. Qu’il est visible dans l’espace public et qu’il est plutôt bien accepté. Après le vélo n’est ni le porte étendard de notre politique de transition écologique, ni le symbole. Un levier parmi d’autres pour rendre notre territoire plus résilient, plus agréable, plus respectueux de notre environnement. Vous savez, notre littoral est notre richesse mais aussi un trésor qu’il faut savoir préserver.

Pour en savoir plus sur la stratégie transition écologique de Binic-Etables-Sur-Mer, vous pouvez télécharger ce document municipal, disponible en lien ici.