Lalevade, commune du sud de l’Ardèche, posée au bord de la rivière éponyme. Un village traversé quotidiennement par des milliers de véhicules qui empruntent la seule nationale locale. Si la politique vélo locale est comprise et acceptée, il reste encore du chemin pour que le vélo devienne une évidence. Le temps est un allié. Dominique Fialon souhaite malgré tout le bousculer.
🚲 Le vélo dans sa vie
Que vous apporte la pratique du vélo au quotidien ?
DF : le vélo m’a mené à la Mairie ! Pour défendre et promouvoir l’usage du vélo à Lalevade je me suis présenté aux municipales en 2020. Et me voilà Maire de la commune. Donc plutôt que me demander ce que m’apporte la pratique du vélo au quotidien je préfère poser la question dans l’autre sens : qu’est-ce que je tente d’apporter au vélo pour son développement.
Du militantisme à l’action en quelque sorte ?
DF : Exactement. Je suis également Vice-Président de la Communauté de Communes Ardèche des Sources et Volcans, en charge des mobilités. Nous signions des pétitions depuis plus de trente ans pour la création d’une voie douce. Pour l’obtenir, je me suis fait élire !
⚙️ vélo et ruralité
Deux questions de « Parisien » pour comprendre le besoin et l’envie de vélo dans un territoire rural comme celui de Lalevade.
Selon vous, le besoin de vélo dans une commune comme Lalevade est aussi important que dans une agglomération ?
DF : Bien entendu. La voiture dans un territoire comme le notre reste indispensable. Cela dit nous sommes tous concernés par le réchauffement climatique notamment. Et puis il convient de faire la différence entre les grands trajets et ceux du quotidien. D’autant qu’est arrivé une solution qui rend le vélo bien plus facile et accessible : le vélo à Assistance électrique.
Est-ce qu’on a envie de vélo dans une commune comme Lalevade ?DF : Evidemment ! L’envie elle arrive avec la possibilité de pédaler. Quand nous créons une piste de Pump Track, nous offrons un lieu de création de lien social pour nos jeunes. Quand nous aménageons la voie douce, nous créons du lien entre les villages voisins. En quelque sorte, le vélo est une solution pour sortir de l’isolement. Et sortir de l’isolement est une envie commune de chaque habitant.
8️⃣ Le pumptrack, un aménagement cyclable comme un autre ?
Où est-il construit ?
DF : Sur la Commune. En face de la Mairie. Je sais donc en écoutant le rire des enfants, quelle heure il est dans la semaine. Ils investissent le lieu après l’école. Et le mercredi, c’est toute la journée. Nous sommes en bordure de la rivière Ardèche. Cette piste est construite en zone inondable. Plutôt que de ne rien en faire, la construction de cette piste est une bonne façon d’utiliser un espace pas constructible.
Le pumptrack est-ce un élément central de vos actions cyclables ?
DF : Oui si on évoque son point géographique, il est effectivement au centre de la commune. Bien entendu que non si on évoque l’ensemble des actions portées. Par contre, oui, ce pumptrack est un bon résumé de la politique vélo que nous portons que nous souhaitons plurielle et inclusive.
🔄 Au-delà des infrastructures ?
La promotion du vélo ne passe-t-elle que par les infrastructures ?
DF : Non. On développe la location de vélos longue durée. On accompagne les campings pour qu’ils puissent accueillir les touristes à vélo. On organise des animations pour infuser de la culture vélo.
Lalevade est une commune traversée par la nationale, quel impact sur la vie locale ?
DF : Oui 3,5 millions de véhicules empruntent cette nationale tous les ans. On travaille avec la DIR. On propose des solutions pour apaiser et la DIR adapte et installe.
🌟 Comment sont utilisées les subventions ?
Le programme AVELO subventionne la politique vélo locale à hauteur de 50 000€. Comment sont-ils ventilés ?
Mise en place d’études
DF : Être élu en portant un programme vélo ne fait pas de moi un expert d’une politique cyclable. Il convient donc commencer par des études de faisabilités. Pour aussi avoir une vision globale puis proposer un plan d’actions.
Financement d’un service de vélos en location longue durée
DF: Proposer des vélos agréables, de bonne facture, à des prix sociaux est très important. Notamment pour celles ou ceux qui n’ont pas le permis de conduire ou pas de voiture.
Du local à la Communauté de Communes
DF: La voie douce évoquée en début d’entretien est un bon exemple d’une mutualisation des moyens, des énergies et des expertises pour réunir différentes communes.
🟣 Bonus
Vous vous faites élire sur un projet identifié pro-vélo, est-ce que ça veut dire qu’il y a une adhésion « aveugle » de votre politique vélo ?
DF : Non. Être maire c’est aussi être en première ligne pour écouter ceux qui ne sont pas d’accord. Celles qui trouvent que ça ne va pas assez vite. L’important c’est d’écouter… et parfois filer pédaler !
© Crédits photos : Sources et Volcans
Le vélo transforme-t-il votre territoire ?
DF : Il convient de rester raisonnable. On ne peut pas prêter toutes les vertus au vélo. Il n’empêche je vois un parallèle entre le développement du vélo et une appropriation plus grande de l’espace public par les femmes.