Thierry TOUCHE est conseiller à la Métropole du Mans, en charge du plan vélo depuis 2020. Il a été successivement conseiller municipal au Mans en 2014, puis conseiller communautaire en 2016.
Il pilote aujourd’hui un plan vélo sur une zone géographique de plus de 270 km². La Métropole regroupe une vingtaine de communes et concerne le quotidien de plus de 210 000 citoyens. Portrait.
🚲 Le vélo dans sa vie
Que vous apporte la pratique du vélo au quotidien ?
TT : J’y vois trois bénéfices majeurs. Certains, comme l’optimisation de mes déplacements, sont très égoïstes, avec un bénéfice tangible et immédiat. D’autres m’apportent des bienfaits sur le temps long. Pédaler est une excellente façon de maintenir et entretenir ma forme physique ; pédaler m’aide aussi à garder le moral et me fait du bien psychiquement.
Enfin, le choix du vélo s’inscrit aussi dans une démarche sociétale. Je n’ai pas trouvé meilleure solution pour me déplacer efficacement tout en diminuant mon impact carbone. Une façon d’être aligné avec mes convictions écologiques.
Et pourquoi pédalez-vous aussi pendant vos temps de loisir ?
TT : Pour les mêmes raisons. Même si, dans ce cas, je ne suis pas dans une démarche d’optimisation de mes déplacements. Au contraire, pédaler pour me promener est une façon de sortir de mes itinéraires optimisés. Une façon de me perdre. D’aller découvrir des paysages, des points de vue, des monuments. Parcourir des communes sans avoir la sensation de les traverser, mais bien de les vivre et les ressentir.
⚙️ « Usager » et « pratiquant »

Vous considérez-vous plutôt comme un usager ou comme un pratiquant ?
TT : Les deux. Avec mon épouse, nous avons fait le choix de vivre en centre-ville. Pour avoir des distances raisonnables à vélo pour nous rendre sur nos lieux de travail respectifs. Je ne me déplace presque qu’à vélo. Et puis, je pratique le vélo-tourisme. J’aime parcourir la Métropole du Mans, et plus loin, à vélo. Parce que c’est une façon de découvrir son environnement.
Est-ce que vos pratiques, et usages, du vélo ont évolué avec vos responsabilités d’élu ?
TT : Pas fondamentalement. Je suis un élu qui pédale. Une façon d’être cohérent entre le projet que je porte et mon mode de vie. Ce qui a changé, c’est surtout ma façon de regarder les aménagements cyclables que je découvre. Pour m’en inspirer. Je sors mon téléphone portable et prends des photos, pour ensuite les partager lors de nos comités de pilotage du projet Chronovélo.
🔄 Une pratique qui évolue ?

Depuis quand le vélo fait-il partie de votre quotidien ?
TT : Je me souviens de mon premier vélo. Un vélo d’enfant de couleur rouge. C’était un cadeau pour Noël. Mes parents me l’avaient offert. D’aussi loin que je me souvienne, ce vélo n’était pas dans mon quotidien à proprement parler, mais je me souviens que je ne ratais pas une occasion de le chevaucher.
Un souvenir marquant lié au vélo
TT : Je me souviens de mon premier vélo. Un vélo d’enfant de couleur rouge. C’était un cadeau pour Noël. Mes parents me l’avaient offert. D’aussi loin que je me souvienne, ce vélo n’était pas dans mon quotidien à proprement parler, mais je me souviens que je ne ratais pas une occasion de le chevaucher.
📣 Écouter et agir
Comment écoutez-vous les demandes des citoyen·nes cyclistes ?
TT : En pédalant ! Le vélo est une ouverture aux autres. Naturellement, on se rend accessible. Ouvrir une discussion lorsqu’on est sur un vélo est facile. Et puis, j’observe et comme évoqué je prends des photos qui nourrissent les réflexions.
Une fois les besoins identifiés, comment passe-t-on à l’action concrète ?
TT : mon rôle d’élu me positionne, en quelque sorte, comme le maître d’œuvre sur le projet Chronovélo. C’est ma mission en tant qu’élu en charge du plan vélo sur la Métropole du Mans. L’action concrète est dans la coordination des différents services.
🌟 Un projet emblématique
Quel est le projet vélo dont vous êtes le plus fier ?
TT : Clairement, le projet Chronovélo. C’est un programme ambitieux (73M€), qui s’inscrit dans un temps long. Il va, à terme, transformer l’ensemble de l’agglomération du Mans et ses vingt communes.
Quelle a été votre implication ?
TT : Nous travaillons dessus depuis 2020. Bien entendu, en mars 2026, nous arrivons sur une nouvelle mandature. Quelle que soit l’équipe en place, je souhaite que la dynamique reste là, et s’amplifie.
Quel impact espérez-vous à long terme ?
TT : C’est un projet qui sera livré en 2030. Il y a une vraie demande citoyenne d’une transformation de nos territoires. Et le vélo peut avoir une large contribution. Il faut s’en donner les moyens.
🟣 Bonus
Un souhait pour l’avenir du vélo dans votre territoire ?
TT : Comme déjà évoqué, avec mon épouse, nous avons fait un choix, il y a longtemps : celui d’habiter à une distance raisonnable de nos lieux de travail respectifs, pour que nous puissions y aller à vélo. Ce choix est le nôtre et je comprends bien qu’il ne soit pas possible ou enviable pour tout le monde. Je reste persuadé que le vélo peut incarner un style de vie.
© Crédits photos : Métropole du Mans
Une idée reçue que vous aimeriez déconstruire ?
TT : Le vélo est un véritable couteau suisse. Il peut être une alternative crédible à l’automobile. Pour considérer cela, il y a une démarche à faire : sortir de la course après le temps. Et c’est un élu du Mans qui vous évoque la notion de course !