Gisèle Cariou est la maire de Ploumoguer. Petite commune dont le centre est situé à quelques kilomètres des plages de la mer d’Iroise ce qui n’empêche pas Ploumoguer de compter 7 kilomètres de côtes. Le bourg se situe sur un plateau, jusqu’à 143 mètres au -dessus du niveau de la mer. Ce petit bout de France compte quatre kilomètres de pistes cyclables et 3,5 km de véloroute qui traversent la commune.
🚲 Le vélo dans sa vie
Le vélo pour vous, c’est quoi ?
G.C : Je n’ai pas tant de souvenirs d’enfance liés au vélo. La bicyclette n’était pas un sujet. Ni dans un sens ni dans l’autre. Aujourd’hui en tant que Maire de la commune, le vélo est un tout. Une façon d’être dehors. De ressentir la nature en faisant un peu de sport.
Être dehors, faire du sport, quid de simplement se déplacer ?
G.C : Ploumoguer a une topographie naturelle, pe cyclable. Le point culminant de la commune est à 143 mètres au-dessus du niveau de la mer. En sachant que sur la commune, nous avons sept kilomètres de côtes. Vous imaginez donc le terrain accidenté. De fait, se déplacer à vélo, est synonyme de sport.
⚙️Vélo du quotidien et vélo tourisme
Cette terre de bout du monde est-elle, selon vous, plus propice aux déplacements du quotidien ou au vélo tourisme ?
G.C : C’est tout l’équilibre que nous nous devons de trouver. Permettre à nos 2000 habitants de pouvoir se déplacer à vélo, en sécurité sur l’ensemble de la commune. Pouvoir en sortir et revenir pour les contraintes du quotidien. Aussi, parce que nous sommes situés dans un des plus beaux endroits de France, nous devons réussir à rendre ce territoire cyclable pour celles ou ceux qui pratiquent le tourisme à vélo. Les attentes et besoins sont différents, il y a cependant de vrais points de convergence.
Quelle distinction faites-vous entre une politique cyclable communale et la politique cyclable de votre communauté de communes ?
G.C : Je serais tenté de répondre aucune ! Une politique, quelle qu’elle soit ne peut être raisonnée avec des frontières administratives. Le village de Ploumoguer n’est pas un village isolé d’irréductibles Gaulois. Il est intégré dans un ensemble bien plus large. L’important est de réussir à trouver une cohérence entre les actions au niveau de la communauté de Communes et les frontières administratives de Ploumoguer.
Concrètement, l’apport du programme AVELO 3 se manifeste comment ?
G.C : Nous, en tant qu’élues, ressentons les attentes de nos administrés. Pédaler ne fait pas de nous des experts. Être labellisé « programme Avélo 3 » nous permet d’aller chercher -et trouver- des ressources humaines, financières et techniques pour concrétiser une vision en actions. De procéder aussi avec méthode et la bonne temporalité.
🧭 La bonne temporalité, qu’est-ce que ça signifie ?
G.C : Tout d’abord, confronter notre vision à celle d’experts. On peut être convaincu d’une action, alors qu’il faudrait en porter une autre. Ensuite, l’enjeu est de trouver le bon timing. Proposer aux administrés puis les écouter, modifier si besoin. Puis une fois que cet exercice d’écoute est fait, alors mettre en œuvre.
Vous trouvez des ressources financières, humaines et techniques avec le programme Avélo 3, pouvez-vous préciser ?
G.C : Comme toujours, il y a le tangible et l’intangible. On sait ce que coûte une étude préalable. C’est difficile d’évaluer les gains qu’ils permettent de générer. Conduire une étude prend du temps. Elle en fait gagner ensuite. Peut-être en matière de vélo, il faut apprendre à perdre du temps pour en gagner ensuite. En tout cas, le programme Avélo 3 est la prise en charge des coûts. Avec ce label, 50 % des études d’aménagements, des équipements et services ou des animations autour du vélo pourront être subventionnées. Ces subventions rendent tout simplement possible la mise en oeuvre d’une politique cyclable locale.
📣 Écouter et agir
Comment écoutez-vous les demandes des citoyen·nes cyclistes ?
G.C : En travaillant avec un cabinet d’études. Il nous aide à poser les bonnes questions. Il nous aide à les porter, à les rendre accessibles aux Ploumoguérois. Nos interlocuteurs sont aussi présents physiquement. Ils participent à notre vie communale, pour ouvrir un dialogue et collecter les différents points de vue.
Une fois les besoins identifiés, comment passe-t-on à l’action concrète ?
G.C : L’objectif est de développer les pratiques du vélo. Démontrer qu’un territoire rural comme le notre a un fort potentiel pour les déplacements à vélo au quotidien.
Nous voulons réaffecter une ancienne voie communale pour relier Ploumoguer à Locmaria-Plouzané (environ 8km plus au sud). Aussi sécuriser la traversée de la RD 67 au rond-point de Pont l’Hôpital. Enfin, rendre possible le stationnement de tout type de vélos dans la commune.
L’une de ses actions est-elle prioritaire ?
G.C : Non. Par contre, bien entendu, identifier où poser les stationnements vélo, et les poser ne prend pas le même temps que l’aménagement de l’ancienne voie communale. On doit montrer qu’on avance concrètement… sans précipitation non plus !
🌟 Pourquoi le vélo est une politique importante pour vous ?
Pour un territoire plus apaisé ?
G.C : Bien entendu. Plus de vélo et moins de véhicules polluant c’est moins de pollution sonore. Moins d’emprise au sol. Moins de vitesse de déplacements. Sans signifier une perte de temps.
Pour la santé de vos administré.e.s ?
G.C : Aussi, le vélo c’est de l’activité physique douce. Les bénéfices sont prouvés et multiples. Sur le physique et le psychique.
Pour mieux vivre ensemble ?
G.C : Se déplacer à vélo, c’est une autre approche de son déplacement. Une nouvelle philosophie. Comme je le disais plus tôt, aller chercher les sensations de liberté, être en contact avec la nature, prendre le temps de la réflexion et puis bien entendu, voir et vivre ce territoire fabuleux dans lequel nous avons la chance de vivre.
🟣 Bonus
Ploumoguer, une destination de tourisme à vélo ?
G.C : Il ne faut pas que considérer le tourisme de destination. Même s’il est important. Le travail sur cette voie communale permettra de relier deux communes. Il s’inscrira aussi bien dans un programme de touristes à vélo, qui visitent nos territoires. Il sera aussi une occasion de créer du lien et du mouvement pour les habitants, à l’année.
Transformer Ploumoguer pour le vélo?
G.C : Non. Mon équipe municipale et moi-même nous avons cette conviction : « le vélo est aussi une solution pertinente en territoire rural ». Les contraintes ne sont pas les mêmes entre une agglo et un village comme le notre. Et pourtant, le vélo est aussi une solution viable et pertinente. Alors, si le vélo peut contribuer, à son niveau, à changer les choses, il ne faut pas s’en priver.