Cédric Bôle maire de Morteau, le vélo du quotidien dans un terroir de cyclisme.

Cédric BÔLE est maire de Morteau, président de la communauté de communes Val de Morteau. Nous sommes dans le Doubs. Le 26 juillet 2025, le Tour de France est passé à Pontarlier, à quelques kilomètres de Morteau. Quelle vision sur le vélo porte Cédric Bôle ? Quelles sont ses priorités ? Comment les identifie-t-il ? Comment se fait-il accompagner ? Voilà les questions que nous allons aborder avec Monsieur le Maire, ou monsieur le président de la communauté de communes.

🚲 Le vélo dans sa vie

Le vélo même pendant les vacances ?
C.B : Oui, je ne suis pas descendu avec mes équipements. Mais par contre, lorsqu’on peut trouver des itinéraires cyclables sur le territoire, on en profite. Cela nous permet de pouvoir visiter les petits villages, de voir certains paysages qui sont tout à fait extraordinaires, à vitesse de vélo.

Comment le citoyen qui pédale en vacances nourrit votre action d’élu ?
C.B : Je crois que le vélo, depuis quelques temps, est devenu un vrai axe de développement de notre territoire. Il est question de cadre de vie mais aussi de vie sur le territoire. On voit qu’il y a une attente de la population de plus en plus prégnante sur ces sujets. Donc on essaie d’y répondre.

🚴‍♀️Comment le vélo sportif sert le vélo du quotidien ?

Le Doubs est une terre de cyclisme, un terreau de champions et championnes. Régulièrement visité par le Tour de France. Morteau est par exemple labellisé « ville de vélo » (label distribué par les organisateurs du Tour de France). Ce fut aussi une ville étape du Tour de France Féminin by Zwift en 2024.

Comment créer une synergie entre les deux la bicyclette et le vélo paillettes ?
C.B : Le cyclisme est une vraie vitrine pour faire connaître notre territoire. Pour nous, c’est important. Aussi, nous avons des champions et championnes, comme Juliette Labous. Ces athlètes offrent une projection et un sentiment de fierté de nos habitants. Il y a aussi une dynamique associative avec par exemple le Véloclub Morteau-Montgouenois. Tout cela crée un cercle vertueux.

Crédit photo : Owdoo

Et concrètement, comment cela se traduit en actions sur votre territoire ?
C.B : Par exemple, nous avons des politiques menées avec les écoles sur l’apprentissage en vélo, le SRAV. Aussi, les compétitions, comme le Tour du Doubs, permettent d’identifier des parcours. Au-delà de les rendre visibles, nous nous attachons ensuite à rendre accessibles à vélo les points d’intérêts touristiques. Proposer des parcours fréquentés à la fois par des amateurs locaux que par des cyclistes au niveau loisir. Voilà une palette d’outils qui permet de révéler notre pays sous toutes ses facettes ; des paysages et un patrimoine relativement extraordinaires.

📣 Écouter et agir

Comment écoutez-vous les demandes des citoyen·nes cyclistes ?
C.B : En créant le dialogue et en restant à disponible. D’ailleurs, il ne faut pas que écouter les cyclistes. Porter une oreille attentive auprès de celles et ceux qui ne pédalent pas, pas encore est primordial. Je pense par exemple à ce patron d’entreprise locale, qui me disait il y a quelques semaines « le jour où mes employés viendront en vélo, c’est gagné ».

Qu’est-ce qui est gagné ?
C.B :  Parce que nous sommes sur un territoire frontalier, un actif sur deux se déplace en Suisse pour aller travailler. Il est donc question de cadre de vie. Ce patron pense stabilité, satisfaction de son personnel, attractivité de son entreprise. Pour lui, que ses équipes puissent se déplacer du domicile au travail, en vélo, est un élément très compétitif.

Cédric Bôle Maire de Morteau. Président de la Communauté de Communes, Val de Morteau.

Quelle complémentarité en matière de vélo entre une Commune -dont vous êtes le Maire, Morteau- et une Communauté de Communes, dont vous êtes le Président ?
C.B : En matière de politique vélo, les investissements viennent des communautés communes. De toutes façons, je pense que si on veut être meilleurs et donner une plus grande envergure dans les infrastructures et les politiques menées, il faut travailler collectivement. Lorsqu’on met des politiques vélo en place, on ne le fait pas seul dans son côté.

Ce constat est-il vrai, selon vous quand on pense vélo ? Faut-il penser mobilité globalement ?
C.B : Bien entendu. La mobilité se pense comme un système. Privilégier le vélo ne signifie pas ignorer les autres solutions de mobilité. Bien au contraire.

Un plan décennal.

🌟 Un projet emblématique

Cette envie de porter une politique vélo ambitieuse s’inscrit notamment dans le Plan Climat Air-Energie (PCAET) local et le programme Territoire Engagé Transition Ecologique– dans lequel les investissements en faveur du vélo sont une des démonstrations de cette volonté. Penser la mobilité comme un système. En y mettant du vélo. Beaucoup de vélo. Mais pas que du vélo. C’est la philosophie du service Owdoo. Cédric Bôle nous le décrit succinctement.

Une nouvelle forme de mobilité. Plus douce et plus active.

Quel est le projet vélo dont vous êtes le plus fier ?
C.B : Si l’on raisonne vélo uniquement, c’est le service de location longue durée des vélos qui est intégré au service Owdoo. Il vient d’être lancé (début juillet) et nous sommes déjà dépassés par la demande.

Mettre des vélos à disposition avant des infrastructures cyclables, une hérésie ?
C.B : D’abord, on travaille aussi sur les axes cyclables. Mais votre question me fait sourire parce que j’ai une vision différente de la majorité. Mettons des vélos dans l’espace public. Il n’en sera que plus facile de convaincre ensuite tout le monde du bien fondé de séparer les voies.

A propos de vos vélos en location Longue Durée, vous proposez tout type de vélos ?
C.B : On va le développer. L’idée bien entendu, à terme, proposer des vélos qui correspondent aux différents besoins. L’important est d’être accessible. D’abord en terme de tarifs. Dans un second temps, nous tenterons d’adresser aussi celles ou ceux qui ne peuvent pas pédaler sur des vélos classiques.

🟣 Bonus

Comment embarquez vous vos concitoyens dans votre vision du développement du vélo ?
C.B : Je crois que notre rôle d’élu n’est pas de donner des leçons ; ni dire ce que chacun doit faire. Notre rôle est de développer à la fois les infrastructures, les services. Proposer des actions de sensibilisation. Rendre l’essai du vélo possible. Je crois que chacun est assez grand pour identifier comment il peut l’intégrer dans son usage du quotidien ou hebdomadaire ou même une fois par mois.

© Crédits photos : Page web Owdoo. Portrait de Cédric BÔLE extrait du site municipal de Morteau